La santé des femmes au Sénégal

 

 

Les problèmes de santé des femmes constituent une préoccupation de premier plan, en raison de leur diversité et de leur complexité. En effet, la précarité des conditions de vie des femmes, leur charge de travail, la fragilité de leur état nutritionnel, les grossesses multiples et rapprochées et leurs multiples charges sociales sont autant de contraintes qui pèsent sur leur santé.

C’est en Afrique de l’Ouest où le niveau de mortalité maternelle est le plus élevé avec, d’après les estimations de l’OMS, en moyenne 700 décès maternels pour 100000 naissances vivantes. La plupart des grossesses en milieu rural dans les pays en développement se terminant encore à domicile, les estimations du niveau de la mortalité maternelle dont on dispose ne reflètent que grossièrement la réalité à l’échelle régionale. Or l’évaluation de l’impact des activités visant à réduire la mortalité maternelle et la morbidité maternelle sévère nécessitent de disposer de données de qualité et d’indicateurs fiables dans ce domaine. 

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La stérilité

En 1961, 10 % de la population féminine en âge de procréer étaient stériles. La stérilité est un problème médical, mais surtout dans une société pro-nataliste.

La première réaction de la femme sans enfant est de se considérer comme responsable de l'infécondité. Elle se culpabilise d'emblée consciemment ou inconsciemment, sans pour autant s'administrer la preuve d'une éventuelle responsabilité de son partenaire. Ainsi, dans la plupart des sociétés africaines, la stérilité est-elle une source de frustrations et d'angoisses pour les femmes, pouvant mener à de graves dépressions. Les réactions souvent négatives, voire agressives dont elle peut faire l'objet, peuvent mener son conjoint au divorce, à la polygamie ou au remariage à des femmes plus jeunes pour lui permettre de contourner son incapacité à procréer.

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Mortalité de la femme sénégalaise

Il existe plusieurs causes de mortalité, mais la maternité est un des risques les plus importantes pour la santé des femmes.

La mort maternelle se définit comme le décès d'une femme survenue au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison, qu'elle qu'en soit la durée ou la localisation, pour une cause quelconque déterminée ou aggravée par la grossesse ou les soins qu’elle a motivé, mais ni accidentelle, ni fortuite. (OMS1975). C’est en Afrique de l’Ouest où le niveau de mortalité maternelle est le plus élevé. La plupart des grossesses en milieu rural dans les pays en développement se terminant encore à domicile, les estimations du niveau de la mortalité maternelle dont on dispose ne reflètent que grossièrement la réalité à l’échelle régionale. Or l’évaluation de l’impact des activités visant à réduire la mortalité maternelle et la morbidité maternelle sévère nécessitent de disposer de données de qualité et d’indicateurs fiables dans ce domaine. 

Au Sénégal, le taux moyen est estimé à 3,33 pour 1000 naissances vivantes. Approximativement 9 décès surviennent tous les jours.

Pour l'essentiel, les causes de décès matérnel le plus souvent enregistrés sont :
- les hémorragies qui peuvent survenir surtout au cours de l'accouchement ou d'un avortement provoqué mais également en cas de rupture utérine ou de grossesse extra utérine ;
- L'infection résultant généralement des mauvaises conditions d'hygiène et de la précarité des soins à l'accouchement et dans les suites de couches ;
- La toxémie, complication d'une hypertension artérielle de la grossesse ;
- L'anémie par carence nutritionnelle, parasitose intestinale ou paludisme ;
- La dystocie mécanique qui prolonge le travail et retarde d'accouchement ;
- L'épuisement physique consécutif à des grossesses multiples et rapprochées, témoin d'une fécondité mal maîtrisée sans être une cause directe de décès maternel, il crée des circonstances aggravantes, en fragilisant le terrain.

Aussi l'importance de l'intervention des facteurs environnementaux défavorables contribue à la mortalité élevée des femmes.
- Le manque de personnel qualifié
- Le sous - équipement des infrastructures
- L'accès difficile aux médicaments
- L'analphabétisme, l'ignorance et la pauvreté.

Il faut évoquer ici l'avortement et plus spécifiquement l'avortement provoqué clandestinement (APC) qui pose des problèmes médicaux et éthiques graves. L'avortement est illégal au Sénégal. Il ne peut être autorisé que dans des cas thérapeutiques visant à préserver la santé de la mère. 

Il s'agit de maladies générales ; infectieuses et parasitaires ( 48,3 % en 1970), nutritionnelles (27,7 % en 1970) circulatoires (17,30 % en 1970) et respiratoires (13,8 % en 1970).

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Pratiques traditionnelles ayant un effet sur la santé des femmes

On évoquera ici que les pratiques traditionnelles ayant des conséquences néfastes voire désastreuses sur la santé physique et mentale de la femme.

L'excision et l'infibulation sont des mutilations sexuelles. Leur pratique encore concerne environ 15 % de la population. La fréquence de l'excision varie selon les zones et les ethnies. Les foyers recouvrent les zones Hal Pulaar et celles d'influence mandeng, y compris en pays Joola. En zone urbaine, elle est pratiquée par les Soninké et certains groupes Bambara et Hal Pulaar.

Les conditions dans lesquelles se pratiquent traditionnellement excision et infibulation en l'absence d'anesthésie et de préparation psychologique, peuvent être sources d'états de choc et de peur incontrôlable chez la fillette et la jeune fille. Des effets néfastes aigus nécessitent une prise en charge urgente.
- une hémorragie parfois mortelle ;
- une infection aiguë liée à l'utilisation d'un matériel mal stérilisé : tétanos, septicémie, abcés vulvaire, transmission potentielle du VIH ;
- des traumatismes génitaux : lésions d'organe de voisinage, lésion utérale, source de rétention d'urine et d'infection urinaire.

En milieu traditionnel, l'accouchement est interprété comme une épreuve qui situerait la femme entre la vie et la mort. Ceci est d'ailleurs illustré par le dicton " elle est sauvée de la mort " (mucc na en wolof) pour dire qu'elle a accouché. Il existe très souvent une préparation " psychologique " à la douleur pour aiguiser le courage de la parturiente. En effet, crier ou extérioriser sa souffrance, au cours de l'accouchement est considéré comme une honte, un déshonneur pour toute la famille.

Seulement 39% des mères ont fait l'objet d'une surveillance prénatale (de une à quatre consultations) mais, dans la majorité des cas, de qualité très insuffisante. En effet, des paramètres importants tels que la recherche d'albuminurie, la prise de la tension artérielle, la surveillance du poids et l'examen du bassin ont souvent été négligés. 

L'âge moyen au premier mariage se situe, encore de nos jours, autour de 15 ans. Le mariage peut survenir déjà vers dix ans. Pour nombre de familles, ces mariages précoces, généralement arrangés ou forcés, permettent de prévenir le vagabondage sexuel et le déshonneur que constitue la grossesse hors mariage, dans la famille, notamment chez les adolescents. En cas d'échec du mariage arrangé ou forcé, les conséquences sociales peuvent être graves : fugues multiples, abandon du domicile conjugal, divorce, prostitution.

Au plan médical, les conséquences peuvent être désastreuses. Le développement insuffisant des voies génitales de la jeune fille, peut gêner le déroulement de la grossesse avec, pour conséquence, la prématurité. En outre, lors de l'accouchement, le fœtus progresse difficilement dans la filière génitale maternelle, un travail prolongé, une mortalité périnatale, une atteinte neurologique avec paraplégie etc.

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